Article 24 : A vos masques, prêts… partez !

Vous me connaissez, je ne peux pas rester en place et je ne peux pas ne pas aider mon prochain ! Alors confinement ou pas, je me suis mise en mode Combattante…

D’abord comment fabriquer des masques ? Je suis entrée en contact avec les Couturières Solidaires du Loiret (https://www.facebook.com/groups/558290918130450/) et Corinne de Koozu Créations (https://www.facebook.com/koozu.creations/) et nous voilà parties pour une aventure extraordinaire.

D’autres entrepreneuses et bénévoles étaient déjà dans le groupe : Sophie également créatrice zéro déchets des Cousettes de SO (https://www.facebook.com/Les-cousettes-de-So-So-Cr%C3%A9ative-919210634888621/ ), Laetitia sur le groupe zero dechet (https://www.facebook.com/famillezerodechet/?eid=ARB86PG3gJhrkB_9iK_uYRqIloqqhvkm9LPSE4rIZ0jl4UFgWtGm6nwBX7dr7Jf9IS_5iQs9-LSu2tAY ), Lou qui est prof, Olivier Marc, photographe des Compagnons Photographes (https://www.compagnon-photographe.fr/) et Régis Barrault (mon Zom) des Taxi TPMR (http://www.taxi-tpmr.fr/). Une équipe mixte dans tous les sens du terme.

Corinne s’est posée beaucoup de questions sur ce qu’il était bon et bien de faire : quel tissu, quelles normes, quel type de masque… Elle s’est entourée de personnel de santé. Elle a consulté des articles de presse, des vidéos… Bref, a beaucoup réfléchi au sujet.

Un modèle de masques s’est dégagé : celui à bec de canard, car il ne touche pas le bout du nez !!! (entre autre raison !).

Le groupe facebook est né alors d’une émanation des Couturières Solidaires de France (https://www.facebook.com/groups/245595156478044/) qui accompagne Corinne dans son questionnement au quotidien.

Une fois l’équipe rejointe, comme d’habitude, je suis à fond. En 4 jours, j’ai cousu plus de 100 masques selon le modèle et les matières validés par le groupe.

Mais cela ne me suffisait pas. Il fallait produire en masse et non en masque J J Une logistique d’enfer s’est mise en route : trouver du tissu, des bénévoles, communiquer dans la presse, créer un patron de masque, rédiger un tutoriel, confectionner les kits à destination des couturières, livrer les kits, récupérer les masques cousus par les bénévoles, distribuer les masques aux personnes dans le besoin… bref, il a fallu monter une entreprise en un temps record.

La première des choses est de lever une armée de bénévoles. Chose dite, chose faite ! Un article dans la République du Centre (https://www.larep.fr/) pour présenter notre démarche, un passage sur France Bleu Orléans (https://www.francebleu.fr/orleans), rechercher des tissus, des bénévoles, distribuer des masques… et voilà c’est lancé. Des dizaines de personnes ont pris contact pour se porter bénévole comme couturières, livreurs… Des dons tant en matière qu’en argent sont arrivés.

Ensuite, il fallait décider quel modèle de masque utilisé. Olivier avait déjà réfléchi à cet aspect avec une vidéo de confection à l’appui. Modèle validé par l’équipe. Et la matière utilisée…

Le mieux est le polycoton, mélange de polyester et de coton. C’est la matière dans laquelle les blouses des infirmières sont confectionnées. J’appelle l’hôpital. La Directrice de la Logistique m’explique que les blouses, même abîmées, sont portées, car beaucoup de roulement à la blanchisserie et peu de blouses en stock ! OK, mauvaise piste. Nous allons en trouver une autre : les magasins de tissus…

Description : 😉

Là, facile me direz-vous, il y a trois grands magasins de tissus à Orléans. Oui, mais… Confinement oblige, tous sont fermés. Caréfil (https://www.merceriecarefil.com/fr/ ) réalise de la vente en ligne, donc le magasin pouvait nous mettre à disposition sans problème des fournitures. Matière décidée, quantité d’élastique chiffrée, et voilà notre première commande passée pour confectionner quelques 1000 masques. Une fois le stock de Caréfil vidé, les autres magasins devaient nous ouvrir leurs portes. Plus facile à dire qu’à faire ! En effet, sans vente en ligne, pas d’autorisation d’ouverture ! Qu’à cela ne tienne !! Vous vous imaginez bien !!! Une amie m’a dit dernièrement : « Tu défoncerais un mur avec des cure-dents !  Rien ne te résiste, j’admire ta détermination ! » (Merci Delphine).

Qui a autorité pour faire ouvrir un magasin en période de confinement ? Le Préfet, le Député ? OK, deux coups de téléphone plus tard, Tissus Jaurès (https://www.facebook.com/tissusjaures/) disposait d’un mail de l’assistante parlementaire de Richard Ramos, Député du Loiret (6ème circonscription) (https://www.nosdeputes.fr/richard-ramos) leur demandant de répondre à nos commandes de tissus, fils, élastiques… Commande passée, prise en livraison par mon Zom et hop, déposée chez Corinne pour être partagé en kits à livrer aux couturières !

Les couturières bénévoles sollicitées par téléphone répondent à l’appel et cousent, cousent, cousent… Toute une logistique se monte pour livrer les kits (http://www.taxi-tpmr.fr/), répondre aux questions couture (hot-line en place), recenser les besoins en masque (tableau de suivi), récupérer les masques cousus (livreur) et redistribuer les masques aux demandeurs (comptabilisation)…

Des entreprises, des Maisons d’Accueil Spécialisé, des professions libérales, des pompes funèbres, des particuliers… nous sollicitent pour avoir des masques et nous donnons gratuitement de quoi se protéger le visage.

Arlette, 97 ans, me téléphone. D’une voix chevrotante, elle m’explique qu’elle est seule et doit aller à la pharmacie et qu’elle a peur. Elle veut acheter un masque. Je la rassure et lui explique que nous allons lui livrer deux masques et lui donne toutes les consignes pour les laver et bien les porter.

Martial, d’une Maison d’Accueil Spécialisée (https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=la+devini%C3%A8re+mas), veut protéger ses salariés, car plus de masques professionnels. L’ARS s’en mêle et refuse d’utiliser les masques en tissus. Martial demande tout de même ces protections, car il veut que ses salariés soient au moins protégés, quand ils viennent au travail.

Hawa, infirmière et enceinte, souhaite protéger ses patients fragiles (Cabinet Infirmier de la Haute Croix).

Tous les jours, des personnes apeurées, responsables de leurs équipes, altruistes… demandent qu’on leur livre des masques… C’est lourd de gérer ce genre d’appel. C’est difficile de rester de marbre devant les peurs des autres. C’est triste de voir notre pays sans moyen. C’est rageant de ne faire que si peu de choses ! Et en même temps, je fais ma part ! Comme le dit mon Zom (90 kilos, vous verrez pourquoi je vous donne cette précision), « Je suis un colibri ! ». Ce à quoi, je réponds : « J’aimerais pas être la branche, sur laquelle tu vas te poser ! ».

Rappelons que ces masques n’ont aucune efficacité pour filtrer l’air que l’on respire. Peu importe la matière utilisée. Ils ne sont ainsi pas faits pour vous protéger des autres susceptibles d’être infectés. Leur but est de tenter de retenir les gouttelettes ou les sécrétions des voies aériennes supérieures de celui qui porte le masque ainsi que d’améliorer les gestes barrières en diminuant notamment le contact main-bouche et de favoriser le respect de la distanciation sociale.

C’est une affaire qui tourne, enfin qui commence à tourner, quand l’hôpital nous recontacte : « Pourriez-vous coudre des blouses ? ». Je me propose de prendre à bras le corps ce pan de notre activité. Les masques d’un côté financés par la cagnotte. Les blouses de l’autre entièrement payés par le CHRO.

Mais là, il faut attendre un peu. Je vous raconte cela la prochaine fois !!!! OOOOHHHH la Chipie me direz-vous ? Oui, et en même temps, il est 4heures du mat et je n’arrive plus à dormir… Covid-19 quand tu nous tiens…