Article 25 : Alors ??? Les blouses pour le CHRO ???

On en est où ??? Vous êtes impatient(e)s de savoir ??? Et bien moi, de vous raconter cette aventure géniale !!

Une fois actée par le groupe les Couturières Solidaires du Loiret (https://www.facebook.com/groups/558290918130450/) que je gère la production de blouses et les autres membres de l’équipe, la confection des masques, je suis partie à fond dans cette organisation (« comme d’habitude » : je vous entends penser à voix haute !!). En trois jours, j’ai… Non, non, pas si vite ! Je vous raconte cette aventure étape par étape !

Mercredi, je reçois le mail de Florence, la Directrice de la Logistique du CHRO : « Au secours ! Au secours ! Nous n’avons plus de blouse pour les infirmières ! Pouvez-vous en fabriquer, si je troue du tissu ??? ». Bon d’accord, j’exagère un peu, c’était une demande, pas un appel au secours ! Et en même temps, le CHRO (http://www.chr-orleans.fr/ ) a besoin de 700 blouses par jour rien que pour les infirmières. Et là, politique du jetable oblige, il n’y a plus assez de blouses tissus pour leur permettre de se changer tous les jours en toute propreté !

Je renvoie une réponse à Florence, en lui disant que mon fils (https://www.facebook.com/cyril.magdelenat) travaille au laboratoire à l’hôpital et que je travaillerai jour et nuit, s’il le faut, pour leur fabriquer des blouses ! Mais, problème, il faut trouver du tissu. J’en reste là. Quelle égoïste vous allez me dire, car je sais où il y a du tissu. Mais je ne pense pas à lui donner cette information. Quelle tête de linotte !!!

Jeudi, à 6 heures, je me réveille comme un ressort. Je saute du lit et envoie un mail à Florence : « Je sais où trouver du tissu ». Caréfil (https://www.merceriecarefil.com/fr/ ) n’a plus rien en stock mais Tissus Jaurès (https://www.facebook.com/tissusjaures/) a encore un fond de stock… 

J’attends une heure convenable pour téléphoner à Florence : « Je sais où trouver du tissu, du poly-coton 50% coton 50% polyester. Cela vous convient-il ? ». Florence me met en relation avec la Blanchisserie de l’hôpital. Catherine valide ces pourcentages : « 65/35 seraient mieux, mais 50/50 ça va aussi ! » Top ! Je peux continuer ce projet. Je précise à Florence de ne commander du tissu que lorsque j’aurai donné le feu vert, car maintenant je dois trouver des mains de fée pour coudre un max de blouses…

J’appelle Fernanda de Tissus Jaurès pour lui dire qu’elle me réserve tout son stock de poly-coton. Et en même temps, comme elle me dit : « Je n’ai pas besoin de te réserver quoi que ce soit, personne n’achète !!!). Au début que 300 mètres à disposition. Au fil des jours, elle retourne le magasin pour trouver au total 400 mètres de tissu. On verra après les élastiques, le fil…

Et les bénévoles alors !!! Je pioche dans le fichier des couturières bénévoles des Couturières Solidaires du Loiret en choisissant les couturières « expertes », celles qui ont déjà cousu des vêtements. 67 personnes composent cette jolie armée. Je remue mon réseau : Copine Couture (https://www.facebook.com/CoutureCopines/), Famille Rurale (https://www.famillesrurales.org/), les clientes de Tissus Jaurès, les copines des copines… Bref, l’armée fourbit ses soldats ! Petit à petit, la troupe se renforce. Les Blouses Roses (https://www.lesblousesroses.asso.fr/fr/), la Crèche La Farandole de l’hôpital, les Bébés Plumes (https://lesbebesplumes.com/). Nous voilà à plus de 100 couturières !!!!

Maintenant, il me faut un modèle de blouse. La Maison de Victor a mis en ligne un patron de veste au service des professionnels de santé (https://www.lamaisonvictor.com/fr/patron-pdf-notre-veste-chloe-au-service-des-professionnels-de-la-sante/ ). Je l’envoie à Catherine et elle me propose de me donner une blouse déchirée au niveau des pressions. Mon Zom fonce chercher le précieux modèle, qui me servira une fois décousue de patron. Catherine me précise qu’on ne posera pas de pression, car trop fragile dans les machines à laver de la blanchisserie, qu’on fermera la blouse à l’aide de nouettes, qu’on préfèrera des élastiques aux poignets plutôt que du bord côte… Bref, nous apurons le modèle pour que des couturières débutantes puissent coudre facilement des blouses en un minimum de temps. Modèle facile à coudre, car manches raglan.

Avec Aurélie, aux Achats, nous rédigeons la liste de courses : 400 mètres de tissus, 100 mètres d’élastique et 700 mètres de biais pour les nouettes au col dos et à la taille. Je n’ai jamais autant acheté de tissus !!!! Commande passée en toute vitesse et disponible de suite. Trop gentille Fernanda qui va retourner le magasin pour sortir tout ce qu’elle pourra des placards !!!

Vendredi, élaboration du patron et du plan de coupe. Le patron, pas compliqué, puisque je découds complètement la blouse. Les pièces qui la composent, sont un devant dans la pliure, deux dos, et quatre morceaux pour les manches, car il y a une grande couture de l’épaule en passant par le coude jusqu’au poignet. Les six pièces du patron sont posées sur le coton d’une vieille housse de couette déchirée. Le plan de coupe est dessiné en miniature pour les deux largeurs de tissu disponibles chez Tissus Jaurès : 150 cm et 280 cm. Bon, ça c’est fait ! Je fabrique maintenant le patron à dupliquer et là souci… Le patron mesure 250 cm sur 75 cm. Et j’ai besoin de 100 exemplaires à distribuer dans les kits.

Samia d’Orléans Métropole, Service Economique, m’avait téléphoné pour savoir ce que sont les Couturières Solidaires du Loiret. C’est la bonne personne à contacter. « Samia, j’ai 100 photocopies hors norme à réaliser (250 cm sur 75), pouvez-vous trouver quelqu’un s’il vous plait ? ». Trois heures plus tard, je suis en relation avec Guillaume de Brodelec (https://brodelec.fr/), qui fait de l’impression en grand format sur tout support. Gratuitement, Guillaume numérise mon patron grandeur réelle et me fournit 100 exemplaires sur tissu. Les couturières n’auront plus qu’à découper leurs pièces, les positionner sur le tissu et hop, en avant la couture… Mon Zom ira chercher la commande lundi prochain.

Bon OK, j’ai le patron et le plan de coupe. Restent le tuto, la procédure d’hygiène et la composition des kits. Ah oui ! Les kits ! Je vais mettre dans quoi les tissus, fils, élastiques, tuto, procédure d’hygiène, patron, plan de coupe… Et en plus en 100 exemplaires… Samia, ma Sauveuse ! Elle demande à son Carrefour City (https://www.carrefour.fr/magasin/city-orleans-grenier-a-sel ), qui offre 100 sacs. Mon Zom passera les prendre dimanche.

Maintenant la procédure d’hygiène. Je récupère celle rédigée par Corinne (avec son accord) et je lui apporte quelques corrections, car contrairement aux masques, les couturières ne vont pas pouvoir laver 7m50 de tissu… Procédure recalée et relue par le CHRO.

Vendredi après-midi, couture d’une blouse et rédaction du tutoriel en même temps. Les couturières me demandent combien de temps pour coudre une blouse ? Je ne sais pas ! Perso, j’ai mis 5 heures pour coudre et rédiger le tuto !!! Vous mettrez forcément moins de temps que moi, qui ai fait deux choses en même temps !!!! Le soir venu, le tuto est envoyé à l’équipe des Couturières Solidaires du Loiret pour relecture. Petites corrections fort à propos et c’est fini pour ce document. J’espère avoir été assez claire et précise, tant dans le texte que les photos pour ne pas mettre dans l’embarras les couturières.

Samedi matin, rendez-vous à l’Atelier. Pourquoi à l’Atelier ? Parce qu’il est fermé depuis plus de 15 jours donc sain, tant sur les machines, les tables, les ciseaux… Première arrivée Laurence, ma sœur, puis Pierrette une couturière amie et enfin Carmen mon amie. Fernanda livre 7 rouleaux de tissus, 28 bobines de biais, 2 grosses bobines d’élastique, 140 bobines de fil et 48 cônes pour surjeteuse. Règles d’hygiène respectées : on reste éloignées, on ne touche pas la poignée extérieure de la porte d’entrée, on se lave les mains… La bonne humeur s’installe, on rit, on blague et en même temps, on travaille fort et on prépare les kits.

Mon Zom me confirme avoir trouvé sur le parking du Leclerc Drive (https://www.leclercdrive.fr/sessionexpiree.aspx?univers=iDRIVE&marque=iDRIVE ) des cartons de transport de bananes donc solides pour porter les kits. Eh oui, au fait, il nous faut des livreurs, car là, mon Zom ne va pas suffire ! Même s’il est très fort !!

Retour vers les bénévoles des Couturières Solidaires du Loiret, car des bonnes volontés se sont présentées pour livrer, découper, empaqueter… Des livreurs sont trouvés pour couvrir toute l’agglomération, aussi bien à l’est qu’à l’ouest, et qu’au nord et au sud. Ouf, je n’ai oublié personne !!!

Et voilà, en trois jours, une entreprise qui tourne est montée et prête à produire pour rendre service bénévolement.

Les kits une fois assemblés sont livrés. Les couturières découpent, épinglent, assemblent, coupent, piquent, reépinglent, recousent… Bref, des mains de fée au cœur énorme !!

Ce n’est pas une commande de fournitures qui a été passée chez Tissus Jaurès et Caréfil, mais quatre pour un total de 1,5 kilomètres de poly-coton + 2.3 kilomètres de biais + 283 mètres d’élastiques + 242 bobines de fils pour machines à coudre + 48 cônes pour surjeteuse. Et oui, rien que cela !

Toutes ces fournitures devaient permettre de coudre 707 blouses et les couturières bénévoles ont réussi à confectionner plus, beaucoup plus !! 753 blouses ont été livrées à la blanchisserie du CHRO. Soit de quoi répondre à une journée de besoin de l’hôpital. Une goutte d’eau dans l’océan de leurs besoins, mais une grande joie d’avoir pu contribuer à notre hauteur !

Les bénévoles ont été fantastiques, généreuses, attentionnées, formidables, bref des Héroïnes à leur manière… Catherine a dit lors d’une livraison : « Je ressens que ces blouses ont été cousues avec amour ». Vous imaginez les larmes qui ont monté à mes yeux… Car je sais à quel point les couturières ont mis toute leur âme, toute leur bonne volonté, toute leur générosité, et certaines mêmes des prières…

Merci à toi, Florence, qui m’a donnée la chance de participer à cet élan de générosité.

Merci à vous toutes les couturières, qui m’ont encouragée pendant cette période si dure pour nous tous.

Merci à toi, mon Zom qui tous les jours a livré, récupéré… au risque d’être en contact avec le virus.

Merci à Richard Ramos, député de la 6ème circonscription du Loiret, qui a ouvert les portes de Tissus Jaurès.

Merci à Guillaume Willems de Brodelec, qui a imprimé gratuitement les patrons.

Merci à Samia Daoudi de la Métropole, qui m’a épaulé pour trouver les prestataires.

La vie continue et en même temps, nous savons désormais que nous sommes capables de tout affronter ensemble !